Boys Noize “Power” : c’est exact
Novembre 2008 :
Interview Trax. Quentin Dupieux aka Mr Oizo regrette la pauvreté d’âme et le manque de sincérité dans la musique électronique. Il prend Boys Noize, qui est alors le jeune maître d’un “nouveau” son disto, comme exemple de producteur soigné mais sans génie (pour faire court).
Septembre 2009 :
Sortie du deuxième album de Boys Noize, “Power”. Quentin, ton constat était très juste mais reconnais (malgré tout le respect que j’ai pour ton discours et ta barbe) que tu avais fait erreur sur la personne.
Je m’attendais au départ à un “Oi Oi Oi” v2.0, encore mieux formaté pour les teenagers que le premier, avec des passages bien catchy. Pas de quoi s’enflammer (jamais de quoi s’enflammer) mais un album à écouter de temps en temps. Et puis quelques titres ont commencé à traîner sur le net et ce faible espoir s’est évanoui doucement. C’était pas ça quoi. Trop compliqué. TROP compliqué.
Et maintenant l’album. Une première écoute distraite : vraiment trop compliqué. C’est naze. Inaudible ? Zap. Zap. Zap. Mais il y a un truc avec le son quand même non ? Zap. Je veux dire il est de bonne qualité non ? Zap. Attends remets. Non mais il peut pas faire des titres comme ça et les mettre sur un album pour que les gens l’écoutent après. Zap. Les gens vont détester. C’est… C’est quoi d’ailleurs ? C’est radical c’est ça ? Oui radical. Il s’en fout l’allemand, il fait ce qu’il a envie de faire, il s’amuse. Mais pas seulement. C’est joli aussi parfois, ça respire. C’est bien le son qu’il fait là. C’est très très très bien. Et les titres qui traînaient sur le net ? Bah ils sont bien aussi maintenant tiens. D’accord. Voilà. C’est un ensemble. C’est expérimental. C’est un artiste le mec. Il faut se concentrer un peu, c’est pas comme ça en zappant vite fait que tu vas comprendre son travail…
Une référence ? Kraftwerk. Les titres “Transmission” et “Rozz Box” sont des hommages flagrants aux hommes en rouge. Enfin, on dirait la musique que Kraftwerk ferait si Kraftwerk avait démarré il y a deux ans. Pas la musique que Kraftwerk fait maintenant en ayant démarré en 1970 parce que ha ha ha ha… Du Kraftwerk qui aurait connu tout l’après-Kraftwerk en quelque sorte.
Boys Noize aime ses machines, les caresse (“Heart Attack”, so deep… so sweet…, “Drummer”…), les agresse (“Starter”, “Kontakt Me”…), les fait parler (pour une fois des vocoders sonnent un peu différemment). Malgré la violence de la plupart des titres, on peut parler de subtilité. Il est en permanence sur un fil ultra fin et ne se casse la gueule qu’à deux ou trois reprises (“Trooper”, “Nerve” sont un peu à côté).
Bon. Et pour le dancefloor alors ? Ach. Meine Fraulein. Pour le dancefloor… On est assez loin des tubes de “Oi Oi Oi”. Pas de “Don’t believe the hype” ou de “& Down” en vue cette fois-ci. Mais il y a de la matière quand même. “Jeffer” ça peut cartonner. “Sweet Light” ça marche, “Starter” ça marche (à partir de 3H du matin), “Nott” ça marche (à partir de 5H45 du matin). Et puis après bon, il est tard non ?
Le verdict de Ringo :
Brain impact : 17/20
Heart impact : 17/20
Dancefloor impact : 12/20